Ari Aster filme une famille qui se désagrège avec une précision d'entomologiste. La terreur ne vient pas des apparitions mais de ce que chaque plan installe : quelque chose est déjà perdu depuis longtemps. La dernière demi-heure est une descente sans frein.
Critiques
Nos avis, sans anesthésie, sur les films qui nous ont fait frissonner — ou bâiller.
Quarante ans après, aucun film n'a fait mieux : un huis clos où la menace peut être n'importe qui, des effets pratiques toujours inégalés, et une fin d'une audace totale. Le test sanguin reste l'une des scènes les plus tendues jamais filmées.
Tout fonctionne encore : le rythme lent qui laisse la peur s'installer, le vaisseau crasseux qu'on croirait habité depuis des années, la créature de Giger qu'on ne voit jamais vraiment. Ripley entre ici dans l'histoire du cinéma.
Craven connaît les règles par cœur et s'en sert contre nous. Drôle sans jamais désamorcer la tension, l'ouverture avec Drew Barrymore est une leçon de mise en scène à elle seule.
Peele réussit l'équilibre impossible : un film réellement angoissant qui est aussi une satire d'une précision chirurgicale. Chaque détail anodin de la première heure se retourne dans la seconde. Le "sunken place" est déjà entré dans le langage courant.
Kubrick transforme un roman de possession en labyrinthe mental. La steadicam dans les couloirs, les jumelles Grady, la moquette hexagonale : tout est devenu iconique. Un film qu'on revoit différemment à chaque visionnage.
La montée en tension est implacable et le dernier quart d'heure, en vision nocturne, compte parmi les plus terrifiants du cinéma contemporain. Le found footage à son sommet.
James Wan ne réinvente rien, il exécute mieux que tout le monde : cache-cache dans le noir, mains qui claquent, plans qui s'attardent une seconde de trop. Un train fantôme de luxe.